La masse monétaire est composé de 20 % de billets et pièces (monnaie fiduciaire) et 80 % de crédits (monnaie scripturale) soit pour la zone euro environ 15000 Mds d’euros en circulation soit environ 30000 euros par habitant (compte courant, placements et emprunts).
Les billets fournis par la banque centrale aux banques commerciales au profit des particuliers ou des entreprises n’est pas une création monétaire mais un simple transfert des dépôts bancaires vers les billets, sans que la masse monétaire en circulation dans l'économie ne gonfle.
Autrefois, la banque centrale pouvait créer indirectement de la monnaie en finançant le déficit budgétaire. C'est ce que l'on appelait « faire marcher la planche à billets ». Cette possibilité n’existe plus avec la BCE. Les états empruntent sur les marchés financiers.
La création monétaire passe donc désormais uniquement par le crédit. Les emprunts faits par les particuliers, les entreprises ou l’état. Ce sont les banques commerciales qui créent la monnaie.
Comment se passe la création monétaire ?
La banque va créditer le compte courant de l’emprunteur du montant du prêt accordé. Elle ne dispose pas de l’argent mais l’écriture crée de la monnaie qui pourra être dépensé par le client et donc circuler dans la société. Si le client rembourse, le crédit est effacé, l’argent créé est détruit par la banque. Seuls les intérêts restent puisque ils dépassent le crédit. Ce surplus de financement vient soit de la masse monétaire en circulation soit d’un autre crédit. Il y a donc forcément en bout de chaîne quelqu’un qui paye, qui perd de l’argent pour financer les intérêts. La banque ne gagne rien si le crédit n’est pas remboursé.
Si personne n’empruntait, la masse monétaire ne fluctuerait pas, chacun dépenserait l’argent qu’il a gagné et ainsi de suite. Seule l’accumulation permettrait d’investir, il faudrait donc du temps.
Grâce au processus du prêt, le stock de monnaie en circulation peut s’adapter aux besoins de monnaie du système économique. Mais il faut que chacun joue le jeu en remboursant. Sinon, c’est le krach comme en 2008, lors des subprimes.
Pour pouvoir prêter, une banque doit déposer une somme à la banque centrale. Pour 100 € de fonds propres sur son compte à la BCE, une banque commerciale européenne peut prêter 1200 €. Elle crée donc 1100 € qui vont circuler jusqu’au remboursement final.
La politique monétaire influe sur la création de monnaie.
La mission de la banque centrale est de maintenir le niveau des échanges, en évitant des inflations ou des déflations trop fortes. Elle contrôle donc les pratiques bancaires en obligeant les banques commerciales à faire des provisions et à limiter les prises de risque. Elle régule également le marché inter-bancaire en achetant ou en vendant des titres, c’est à dire les dettes que les banques s’échangent entre elles pour répondre en temps réel à la demande de leurs clients. Quand une banque ne trouve pas à se financer, elle se tourne vers la Banque centrale qui lui prête à un taux directeur (2% à la BCE en 2023) mais exige un pourcentage de dépôt en échange. Tout le trafic inter bancaire passe par la banque centrale. Plus le taux directeur est bas plus les banques font de crédits, plus la masse monétaire augmente et inversement.
Il arrive en cas de crise que la banque centrale achète directement des obligations d’État (dette), elle crée alors de la monnaie de façon indirecte puisque le Trésor public va utiliser cet argent pour payer ses fonctionnaires ou ses créanciers. Les comptes bancaires de ces derniers vont donc être crédités, ce qui fait gonfler la masse monétaire. Lorsqu’elle achète des titres aux banques privées, elle libère également des liquidités qui favorisent le crédit. A l’inverse, lorsqu’elle vend des titres, elle retire des liquidités donc freine le crédit.
En fin de course, c’est le crédit qui crée la monnaie à condition qu’il y ait une demande, donc qu’il y ait une perspective de gain. C’est ce qui crée la croissance. Si la demande de consommation n’augmente pas, les entreprises se contentent de produire ce qui doit être renouvelé, il n’y a pas d’investissement, donc pas de crédit, donc pas de croissance et pas d’intérêt pour les organismes financiers.