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La solidarité tient peu de place dans une économie libérale. Non par égoïsme pur des individus mais parce que le système économique prévoit de donner sa chance à tous sans favoritisme ni entrave. Cette liberté individuelle ne va pas sans une responsabilité individuelle totale. Chacun est responsable de ses actes, de son sort et de celui de sa famille.

Les penseurs du libéralisme, d’Adam Smtih à Milton Friedman, en passant par les classiques, Say, Ricardo, Pareto, Marchall…, les keynésiens, les néo-keynésiens et au final les néo-classiques, se sont tous appuyé sur les mathématiques pour montrer que l’économie de marché est celle qui permet d’obtenir les prix les plus justes et donc d’optimiser les échanges. Le marché libre et non faussé est le moyen le plus naturel de faire que chacun trouve ce dont il a besoin et se finance en produisant ce dont les autres ont besoin.

La notion de marché libre et non faussé n’est pourtant très naturelle dans la mesure où elle exige des conditions de mise en œuvre assez difficile à réunir.

Le marché libre peut éventuellement correspondre à la loi naturelle de l’évolution qui fait que chacun propose ce qu’il sait faire de mieux et le marché décide, comme la vie en général, de ce qui est bon, utile, nécessaire, agréable ou non. C’est sur cette notion pseudo-darwinienne que se fonde le Capitalisme. Le meilleur emporte la mise parce qu’il est plus performant que les autres.

Mais pour que le marché donne sa chance à tous de la même façon, il doit être non-faussé. C’est à dire qu’aucun acteur ne domine ni influence les échanges. Quelque soit la puissance des uns et des autres, tous ont le même accès aux consommateurs qui seuls décident de ce qui doit être produit ou non. Dans un marché libre et non faussé, tous les échanges sont possibles sans aucun passe-droit, ni avantage, ni privilège. Les producteurs proposent, les consommateurs disposent.

Les conditions du libéralisme

Pour qu’un marché réel se rapproche de l’idéal libéral, il faut qu'il remplisse plusieurs conditions :

1- L’information doit être exhaustive, accessible à tous (gratuite) et équitable. La publicité, par exemple, doit être égale pour tous les produits, comme on le fait pour les temps de paroles des candidats, dans les médias, en période électorale.

2- Les réseaux de diffusion et de collecte (transport, communication) doivent également rester accessibles à tous sans entrave (gérés par une collectivité sans but lucratif).

3- Aucune norme non consensuelle de l’ensemble des professionnels du secteur ne peut être imposée. Il y a là un devoir d’unanimité de tous les producteurs, petits ou gros.

4- Les structures de distribution doivent également ne pas sélectionner en amont tel ou tel produit supposé plus rentable mais laisser le consommateur choisir en lui offrant un choix exhaustif.

5- Les produits du marché doivent être homogènes. Le marché des voitures sera par exemple différencié selon la taille et la puissance des véhicules Le marché du travail exigera un coût horaire équivalent pour des compétences équivalentes et non en fonction de la nationalité, du sexe, de l’origine sociale ou même de l'ancienneté.

6- Les acteurs du marché doivent être d’une puissance similaire. Les grandes firmes et les artisans ne peuvent pas s’affronter sur un marché libéral, il y aura d'un côté les grandes firmes, de l'autre les artisans. La Chine et la République de Malte ne peuvent pas non plus s'affronter sur un même marché mais des régions de taille et de populations équivalentes, pourquoi pas. Le marché libéral nécessite donc une réglementation anti-monopole ou des coûts d’entrée sur le marché propositionnels à la puissance (anti-dumping).

7- Le nombre de conflits étant proportionnel au degré de liberté individuelle, le libéralisme nécessite une Justice adaptative, proche des acteurs, rapide et efficace. Non soumise à la loi mais elle-même vecteur de lois.

Le libéralisme fonctionne d’autant mieux que chacun se spécialise dans le domaine où il est le plus compétent, le plus performant. Le sport en est une illustration parfaite : la performance n’est donnée qu’à celui qui sait améliorer ses capacités naturelles. On parle alors d’avantages comparatifs selon la définition de Ricardo.

En résumé, le libéralisme exige une certaine atomisation de la société, une extrême modularité des produits, et une spécialisation des producteurs. Il n’est donc pas du tout compatible avec le Capitalisme qui au contraire, revendique la puissance des agents, la liberté totale des agissements et la centralisation de la production. Il n’est évidemment pas compatible non plus avec la centralisation et la planification telles qu'elles furent mises en place en URSS.

Au final, le libéralisme est cohérent avec une société où les individus sont autonomes, éventuellement avec une société d’artisans, mais pas du tout avec la mondialisation ou la société capitaliste des multinationales.

On peut aussi voir dans le libéralisme, une société de l'objet ou de l’avoir. Dans laquelle la personne est reconnue pour ce qu'elle acquiert ou qu’elle possède. La société libérale est donc davantage une société de l’apparence, peuplée de personnages qui jouent des rôles conventionnels.