Le socialisme est une volonté. Son objectif est la socialisation la vie communautaire en ne laissant pas les marchés gérer seuls les rapports humains. La vie n’est pas uniquement faite d’échanges marchands. Dès lors, le socialisme ne se préoccupe pas uniquement de l’individu mais du groupe et a pour finalité le bien être collectif. La solidarité est ici omniprésente. Et la responsabilité est collective, partagée en fonction de règles préexistantes.
Certains penseurs du libéralisme, comme Adam Smtih, David Ricardo, John-Stuart Mill ou John-Maynard Keynes ont très tôt alerté sur les dérives de l’économie de marché telle qu’elle se déroule dans la vie réelle. Les imperfections y sont si nombreuses, du fait notamment de l’accumulation possible du capital en système capitaliste. Le marché réel n’est ni libre ni non faussé comme le réclame la théorie, il faut donc prendre en compte les inégalités produites par ce faux libéralisme.
D’autres vont plus loin, sur les pas des Gracques de l’antiquité qui avaient déjà compris que l’accumulation était dangereuse pour la cohésion du peuple : Gracchus Babeuf, Saint-Simon, Marx et Engels, Proudhon… Tous ces théoriciens proposent d’attribuer la notion de rentabilité non pas à l’enrichissement individuel mais à l’enrichissement commun, au sens d’un bien-être collectif.
A partir de là, le prix, indicateur de l’équilibre entre une demande et une offre de bien ou de service, va se trouver affublé de différents attributs qui vont le modifier, à la hausse, comme à la baisse. Ces attributs sont essentiellement des critères sociaux et environnementaux. Il s’agit d’écarter la misère en redistribuant une part des revenus primaires et d’établir des règles qui évitent que la production ne se fasse hors de l’objectif commun d’un bien-être collectif.
Pour cela, la puissance des entités privées est limitée ou, au besoin, contrôlée par des instances collectives : les associations, les mutuelles, les collectivités publiques sont privilégiées. Les biens et services de premières nécessités deviennent prioritaires, subventionnés si nécessaire ou carrément publics. Le travail est partagé pour éviter tout chômage et la notion de temps libre, ou de loisir, prend de l’importance.
On parle souvent dans l’économie socialiste de coopération et de collectivisme mais ces deux concepts ne sont pas premiers, ils sont plutôt des conséquences du nouvel ordre des priorités. Ce qui change réellement, c’est le regard que l’individu porte sur le travail et la notion de réussite sociale. On ne travaille plus pour s’enrichir individuellement et profiter d’un surplus de richesse qui nous permettrait d'accéder à des biens rares peu partageables ; on travaille pour donner du sens à la vie, notamment collective. Ce qui n’empêche pas, en parallèle de ce travail socialisé, de réaliser un projet personnel qui nécessite peut être d'acquérir une certaine richesse.
Les conditions du socialisme
Pour qu’une économie réelle se rapproche de l’idéal socialiste, elle doit satisfaire plusieurs conditions :
1- L’information, les réseaux (transport, communication), l’énergie, le logement, l’éducation, la santé, la sécurité doivent être accessibles à tous (à prix coûtant) et équitablement répartis sur le territoire. Cela nécessite donc d’avoir une fonction publique forte et efficace.
2- Les profits privés doivent servir prioritairement à améliorer le bien être collectif, avant le bien être individuel. Cette solidarité s’exprime au travers d’impôts proportionnels aux gains et utilisés pour embellir la vie de tous, riches ou pauvres.
3- La production est analysée et doit se soumettre à des règles préventives de développement social et de protection de l’environnement, au risque de limiter la rentabilité financière ou la compétitivité des entreprises. Ce risque impose de mettre en place en parallèle un certain protectionnisme territorial.
4- Les prix doivent resté au plus près de l’équilibre entre l’offre et la demande et donc ne pas être exagérément amplifiés ou diminués par la législation, les normes ou les principes. Le socialisme, comme le libéralisme, n’affectionne donc guère la bureaucratie ou la planification.
En résumé, le socialisme exige une certaine cohérence sociale ainsi qu’une responsabilité collective des producteurs et des consommateurs. Il n’est donc guère compatible avec le Capitalisme qui au contraire, revendique le chacun pour soi et l’indépendance productive. Il était nettement plus compatible avec l’esprit des soviets en URSS, encore aurait-il fallu que la population s’en empare et qu’il ne soit pas imposé artificiellement par des gouvernants autoproclamés.
Dans la réalité, une économie socialiste n’est jamais pure, comme le libéralisme d’ailleurs. Dans les systèmes économiques réels, les choix qui sont faits sont un mélange des deux options : social-libéral (France d’avant 1983, influence des syndicats et du PCF) ou libéral-social (France depuis 1983, traité de Maastricht, mondialisation).
Au final, le socialisme est une économie de sociétés civilisées, raffinées, qui se préoccupent d’une certaine harmonie et moins de la rentabilité financière. La production suit un objectif de développement collectif, harmonieux et respectueux du vivant. Pour la planète et l’humanité, la mondialisation, au travers de l’OMC, devrait donc promouvoir une économie socialiste et faire que les échanges entre nation soient bénéfiques à tous, et non pas laisser le champs libre aux multinationales. Rappelons que 1 % des terriens possèdent la moitié des richesses patrimoniales de la planète.
On peut aussi voir dans le socialisme, une société de l’être, dans laquelle la personne est reconnue pour ce qu'elle est et pour ce qu’elle apporte aux autres. La société socialiste est une société humaine, éduquée, intelligente, où l’apparence et la compétition s’effacent au profit du dialogue et de l’entraide.