Video file

Toutes les nations vivent actuellement dans une configuration politique de type capitaliste. Aucune n’a pour l’instant choisi de limiter l’enrichissement individuel. Certaines s’orientent vers une économie libérale, en privilégiant la réussite individuelle et en rejetant la responsabilité de l’échec sur l’individu lui-même, la richesse devenant alors le critère principal de la réussite sociale. C’est le cas des USA, par exemple. On parle alors d’économie libérale-sociale puisque il existe malgré tout des aides pour ceux qui échouent, par exemple des dispensaires où les soins sont gratuits ou des centres d’accueil pour ceux qui perdent leur logement.

D’autres nations, en Europe notamment, prônent une économie sociale-libérale. Elles mettent en avant la cohésion sociale et un certain bien-être collectif. Les riches y sont donc moins riches et les pauvres un peu moins pauvres. La classe moyenne y est très majoritaire. Mais les entreprises sont par définition moins compétitives sur le marché international parce que leur coûts de production incluent le coût des prestations sociales.

Il y a donc un choix politique à faire et ce choix ne peut être imposé aux populations. Ce sont elles, en effet qui décident comment doivent être partagés à la fois le travail et les revenus du travail.

 

Dans une société autonome, important peu de biens de l’étranger et n’ayant pas besoin d’exporter, l’économie socialiste apporte un niveau de vie global bien supérieur au libéralisme. Les échanges se font en interne et le prix n’a pas besoin d’être compétitif. Il correspond à ce qu’exige la population pour vivre confortablement. Une société socialiste a donc tout intérêt à développer ses propres capacités de production et à protéger son marché intérieur. L’investissement et l’innovation tiennent ici une place fondamentale car il faut dépendre le moins possible de l’étranger. Ou alors ne conserver dans ses échanges avec l’extérieur que les domaines de spécialisation où l’on excelle.

Dans une société très ouverte, par contre, le libéralisme prévaudra dans la mesure où il favorise la compétitivité en ne surchargeant par les coûts de production de contributions sociales. Les entreprises les plus innovantes ou les mieux organisées s’imposent à la fois sur le marché intérieur et à l’international. Le défaut, en système capitaliste, est que l’on favorise la création de multinationales et d’oligopoles et donc que l’on étouffe les petits producteurs. L’avantage, c’est qu’on laisse faire les marchés et qu’on n’a pas besoin d’une administration pléthorique pour gérer la société.

Dans l’histoire, les nations naviguent entre les deux, elles adoptent une économie socialiste, de type corporatiste ou communautaire à leur début, puis se libéralisent lors de leur développement technologique, puis se socialisent à nouveau quand la richesse le permet, puis se libéralisent à nouveau pour passer un nouveau cap, puis se socialisent encore… etc.

La civilisation fait que les périodes de libéralisation sont de plus en plus courtes et celles de socialisation de plus en plus longues. Cela s’explique par le sens de l’évolution de l’humanité. Nous nous civilisons inéluctablement en abandonnant progressivement nos archaïsmes animaux : la compétition, la domination, la soumission, la guerre… cèdent peu à peu la place à la coopération, l’entraide, le raffinement, la créativité, la connaissance… L’intelligence progresse tout simplement générations après générations.

Les notions de rentabilité et de propriété sont donc des notions relatives à un contexte, à une volonté. Elles correspondent à des choix personnels et politiques. Au XIXe siècles, ces notions ont fait l’objet d’un rude combat : qu’est-ce qu’une production rentable ? Celle qui enrichit le producteur ou celle qui améliore la vie de tous ? Qu’est-ce que la propriété ? La possession exclusive de tout ce qui existe ou l’utilisation raisonné de ce qui existe pour un usage partagé ? Libéralisme ou socialisme ? En fin de compte, c’est le citoyen qui décide, vous ! Selon le degré de civilisation qui vous habite.

Il semble néanmoins qu’une évolution se dessine allant du capitalisme libéral, sorte de jungle un peu évoluée où chacun se démène comme il peut, au communisme social dans lequel la solidarité s’impose à tous. Nous sommes inéluctablement en chemin mais où, à quel endroit  ?